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"Prêt'Plume", l'écriture au
service des mémoires
"Prêt'Plume", le vocable est plus élégant
que le terme de "nègre".
Stéphanie Garcia préfère la référence
à l'écrivain public.
Son idée : prêter ses mots à ceux qui souhaitent
écrire leurs mémoires.
"Au départ, je songeais à créer un
atelier d'écriture. Puis, l'idée a dévié
vers cette notion d'écrivain public au service des gens qui
souhaitent laisser une trace écrite de leur vie".
Modeste, Stéphanie Garcia ne prétend pas au chef-d'oeuvre.
"Ces livres, ce sont des récits pour soi ou à
l'intention de ses proches. Il s'agit de témoignages, de
confidences que je mets en forme".
En jolie forme, d'ailleurs puisque chaque histoire donne naissance
à un livre, relié avec soin aux Ateliers Saint-Luc,
en guise de point final à un patient travail d'écoute
puis d'écriture.
"En moyenne, je consacre à la personne quatre entretiens
de deux heures enregistrées sur dictaphone. Ensuite je rédige
l'histoire. Le plus difficile, c'est d'oublier mes mots
pour utiliser ceux de la personne qui se confie car il faut rester
le plus fidèle possible".
Voyage discret dans l'intime
Discrète, Stéphanie prête une oreille aussi
attentive que garante de la confidentialité.
"Les gens transmettent leurs bons mais aussi leurs mauvais
souvenirs, selon le témoignage qu'ils souhaitent laisser
à leurs proches. Cela relève souvent de l'intime.
Mais je ne juge ni ne censure".
Sous un air de petite-fille écoutant les révélations
de ses grands-parents, la jeune femme conduit la conversation, guide
vers l'essentiel "parfois vers ces non-dits qui minent une
famille". L'exercice peut s'avérer délicat.
"Chaque situation est particulière. Cependant, je
sais que le livre écrit peut avoir ensuite un effet de catharsis.
Mais en règle générale, "Prêt'Plume" répond à ce désir tout simple de témoigner.
Combien de gens regrettent d'être passés à
côté de l'histoire d'un grand-père ou d'une
grand-mère ? Un livre bien présenté, parfois
avec des photos, permet de garder cette trace".
Après 3 à 4 mois, Stéphanie Garcia remet à
son interlocuteur un ouvrage relié d'une centaine de pages
"au prix d'un long travail de réécriture".
À sa manière, "Prêt'Plume"
illustre le paradoxe d'une époque. Plus les moyens de communication
étendent leurs pouvoirs, plus l'écrit est sacralisé.
F.B. "Prêt'Plume" sera aux 24 Heures du Livre dans l'espace
éditeurs
Le Maine Libre vendredi 11 octobre 2002
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